Le Cavalier Mongol

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Le mongol (je parle bien sûr, des nomades, c'est-à-dire de 40 à 45 % de la population, selon les dernières estimations) monte à cheval comme nous marchons. Le cheval est un animal d'élevage source essentielle de l'alimentation de base grâce au lait fermenté (Airak) et au fromage mais c'est aussi le principal moyen de locomotion. Pas encore supplanté par la moto, il permet de voir loin et surtout de franchir de grandes distances à moindre frais dans un pays où tout est loin !

Le père prend facilement son enfant avec lui (devant la selle) dès son plus jeune âge (dès 3/4 ans). A voit souvent des enfants de 7 ans qui vont chercher leur troupeau de brebis en montant à cru leur cheval attitré. Dès 8 ans , ils participent déjà à des courses organisées à la moindre occasion et plus particulièrement lors des festivités du Nadaam, vers la mi-juillet.

etalon Gamin d'une dizaine d'année venu nous rendre visite au bivouac, avec son étalon

Jeune adolescent, il a acquis tout ce qu'un cavalier doit savoir en Mongolie pour être autonome et effectuer le travail nécessaire pour gérer le troupeau familial. Rappelons que chaque famille nomade possède un troupeau de juments ( cela peut aller d'une dizaine à plus d'une centaine) dont la principale destination est la production de lait, source de protéine essentielle durant la belle saison. Consommé sous forme de lait fermenté (il n'y a pas de frigo dans une yourte !), de fromage séché et dur comme un caillou ou même d'alcool distillé (la vodka mongole !), le lait de jument fait partie du patrimoine mongol depuis la nuit des temps.

le point d'eau Le travail à cheval consiste donc à emmener le troupeau vers les meilleurs pâturages, de le conduire aux points d'eau. Parfois il faut convoyer seulement quelques chevaux: ils sont alors reliés les uns à la suite des autres par le licol avec une longe, séparés de 0,80m environ , et le cavalier ne tient que le 1er cheval par la main. Tout ce beau monde trotte ou même galope à 4 ou 5 de front, le cavalier s'arrangeant pour garder toujours une tête d'avance sur les suiveurs. Il peut parcourir ainsi des dizaines de kilomètres.

 

3 chevaux pour 1 mongol ! J'ai pu tester la méthode avec seulement 2 chevaux (en plus du mien) pendant 2 jours d'affilés...c'est épuisant !

     Une des autres activités du "cow-boy" mongol est d' isoler du troupeau, puis attraper, une jument ou un poulain en particulier. Le cavalier utilise un lasso enroulé autour d'une longue perche ( elle peut dépasser 4 m): la URGA. Il laisse pendre la boucle du lasso à l'extrémité de la perche tandis qu'il l'a tient fermement d'une main et l'a bloque sous son aisselle, comme la lance d'un chevalier. Tout en dirigeant son cheval d'une main, placée presque au-dessus de la tête de son cheval, le cavalier très en avant au-dessus de sa selle, va se caler avec les genoux contre la base de l'encolure. Il va tenter de s'approcher le plus près possible de la bête convoitée pour lui passer la boucle du lasso autour du cou et la ferrer tel un poisson ! Tout réside donc dans l'habilité et la mobilité du couple cheval-cavalier. Il va sans dire que le cheval visé a compris très rapidement le but de l'approche et que tout le monde se retrouve vite au galop, dans toutes les directions avec récital de changement de pieds et ... çà peut durer très longtemps d'autant plus que la urga devient vite très lourde !

berger avec la urga 

Heureusement, le cavalier mongol est patient et a tout son temps ...

ramener le troupeau

On comprend mieux après cette brève description, la position du cavalier qui va lui permettre d'effectuer ce travail: chaussé très court, talons parfois plus haut que la pointe des pieds, il peut rapidement se lever au-dessus de sa selle soit pour voir plus loin, soit pour avoir plus de mobilité et d'allonge dans le maniement de la urga. Le cheval est bien sûr complètement sur les épaules. Pour mettre son cheval au galop, il suffit d'ailleurs de basculer en avant au-dessus du garrot. Par exemple pour virer à droite, il faut se pencher quasiment en-dehors de la selle sur la droite tout en se calant avec le genoux gauche contre l'encolure. Le cheval lancé au galop est alors d'une maniabilité extraordinaire et c'est un vrai régal pour le cavalier de louvoyer à la poursuite d'un poulain ! Effectivement, l'enseignement de nos chères écoles d'équitation est bien loin, mais qu'importe !!!

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