Le harnais de bât

L'arçon doit être bien sûr le plus stable possible  mais c'est le harnais qui lui permettra  de rester à sa place. Avant sa conception, c'est d'abord la qualité des matériaux employés qui prime. Nos cuirs sont des cuirs "pleine fleur" à tannage végétal ou mixte suffisamment gras, bouclerie solide et facile à régler. Montages symétriques bien sûr, conçus pour limiter les frottements excessifs (enchappes retournées, protections de certaines boucles...).

Nous sommes adeptes du cuir directement sur le ... cuir du cheval ! Ceux qui ajoutent des fourreaux un peu partout ou même des rembourrages comme pour une bricole d'attelage ne font que compliquer les choses. Le problème du harnais de bât n'est pas la pression sous l'effort d'une traction mais le frottement continu et long au même endroit. Les spécialistes de l'attelage le savent depuis longtemps: il vaut mieux un cuir, suffisamment large mais pas trop, lisse (facile à nettoyer et à garder propre), bien nourris (matière grasse sans excès: ce n'est pas un beignet !) qui frotte directement contre la peau du cheval que n'importe soi-disant "protection" qui s'encrasse tout de suite, qui masque d'éventuels échauffements et qui garde la transpiration . Les doublures en feutre se durcissent et deviennent blessantes, les bricoles ou barre de reculement en bandes de tissu s'entortillent très vite, se plissent, durcissent et s'usent très vite (difficiles à laver), les matelassures sur les bricoles ou barre de reculement alourdissent inutilement et n'ont aucune utilité car il n'y a rien à amortir, le travail du harnais de bât ne se faisant pas en appui !

Nous avons optés pour des  boucles carrées "à rouleau" car ce sont les véritables boucles de travail, les utilitaires par excellence. Les sanglons restent ainsi à plat dans la boucle et ne cassent pas à la pliure. Elles sont bien plus faciles à régler que la plupart des autres modèles. La priorité est la facilité d'emploi, la durabilité en préservant le cuir et non pas l'esthétique. Les réglages d'un harnais n'étant pas figés une fois pour toutes mais au contraire, devant être corrigés en permanence, il faut que les montages permettent ces réglages fréquents le plus facilement possible.

Pour empêcher l'arçon de reculer:
Il faut une bricole ou un collier de chasse ou un intermédiaire entre les 2, la bricole articulée. La bricole simple est une large bande de cuir qui est reliée aux 2 battes de l'arçon et qui passe par la base de l'encolure. Si elle est trop fine, elle cisaille mais si elle est trop large, elle "descend" sur les pointes d'épaule qui sont des articulations. Nous la conseillons surtout pour les ânes car ils sont souvent "serrés" entre les antérieurs et la  fausse-martingale (lanière qui passe entre les antérieurs jusqu'à la sangle ) du collier de chasse provoque alors trop de frottements. De plus, il n'est pas toujours évident de bien placer les branches du collier car les ânes n'ont pas beaucoup d'épaule. Nous l'utilisons aussi pour les chevaux au large poitrail (chevaux de traits ...) Le collier de chasse se compose d'un anneau placé dans le creux à la base de l'encolure qui relie 2 courroies qui rejoignent l'arçon et qui sont maintenues en position par un surcou. Il y a généralement une fausse- martingale qui va de cet anneau à la sangle en passant entre les antérieurs. Beaucoup plus précis ... mais un peu plus délicat à régler, il est recommandé pour les chevaux  et mules.

 Nous équipons, sauf avis contraire, la plupart de nos bâts avec le compromis entre les 2 types d'harnachement, la bricole articulée (voir photo) : nous supprimons le surcou qui ajoute parfois une pression gênante mais nous rajoutons un double-réglage sur chaque branche. L'un va directement sur les battes d'arçon et l'autre au sanglage. La bricole articulée peut se transformer facilement en collier de chasse si besoin, avec un simple latigo en guise de surcou et une protection adaptée.

 

Pour empêcher l'arçon d'avancer:

Le principe est une courroie (plate-longe) qui relie les 2 battes à l'arrière de l'arçon en passant sous les fesses de l'animal: on l'appelle "barre de reculement" ou "reculoir". Pour régler la hauteur de cette sangle, il suffit d'ajouter des lanières (les "barres de fesse") qui partent d'un anneau placé dans le creux des reins et qui descendent de chaque côté. Il n'y a donc pas de croupière sur un harnais de bât car la tension s'exercerait alors directement sous la queue ce qui provoquerait (en admettant que l'animal le supporte) le creusement du dos avec toutes ses conséquences pathologiques mais aussi mécaniques puisque dans ce cas, le porteur ne peut plus engager ses postérieurs et donc avancer correctement !  De plus, l'arçon tiens beaucoup moins bien sur un dos creux que sur un dos qui "s'arrondit" normalement. L'ensemble constitue l'avaloire.

 Mis à part pour nos modèles les plus simples comme le bât "sentier" , nos avaloires sont inspirées du bât Decker. Ce type de bât, a fait ses preuves sur les chemins du monde entier depuis plusieurs générations de "packers" ! L'âge d'or de ce modèle a été bien sûr la fameuse ruée vers l'or des pionniers américains mais il est encore utilisé aujourd'hui par les spécialistes dans les grands parcs du nord de l'Amérique ainsi que par les communautés Amish. L'avaloire que nous proposons comporte pas moins de 8 réglages qui permettent de l'ajuster au plus près en fonction du cheval bien entendu mais aussi du terrain et du parcours a effectuer. Les barres de fesse sont réunies par un anneau central  (montage en "étoile")mais il y a aussi la possibilité de faire un montage en "H". Si le 1er est conseillé pour des croupes rebondies avec un creux dans les reins bien prononcé, l'autre est préférable pour les croupes plus anguleuses ( "backfish" de certaines mules !).

Montage en H (option)

Montage en "étoile"

 

 Si la barre de reculement est longue et large, elle sera donc un peu lourde et 4 barres de fesse bien placées sont préférables pour la soutenir et régler sa hauteur. Sinon, une barre de fesse unique suffit. La barre de reculement  se termine par 1 anneaux à chaque côté (anneaux d'avaloire) ce qui laisse la possibilité de les relier aux bas des caisses ou des sacoches pour limiter le tangage de celles-ci dans les forts dénivelés. Certains les utilisent aussi pour les relier aux anneaux de bricole en croisant sous le ventre ce qui est très efficace pour solidariser l'ensemble et moins délicat que de les relier à la sangle comme sur le Decker classique.

Pour empêcher (!) l'arçon de tourner:

Que les choses soient claires, le premier moyen d'empêcher un arçon de bât de tourner est le bon équilibrage du chargement avant tout type de sanglage !

Le sanglage que nous proposons est soit un sanglage "3 points" (donc 1 sangle unique) sur les modèles simples, soit un double-sanglage (2 sangles parallèles) . Pour certains ânes plutôt petits mais surtout courts avec souvent un passage de sangle qui n'est pas marqué, il n'y a aucun intérêt à mettre 2 sangles. L'avantage des 2 sangles est d'abord d'augmenter la surface de sanglage (et donc contact) ce qui a pour effet de "freiner" la tendance à tourner mais aussi d'augmenter l'efficacité de l'avaloire grâce à la sangle arrière (ou sangle ventrale). Il permet aussi de "jouer" sur les tensions de serrage en cas de sensibilité et d'échauffement excessif de l'une ou l'autre sangle à un moment donné. Pour la fixation et le réglage des sangles, une multitude de choix sont possibles. Nous en utilisons surtout 2. Le plus simple (photo du bas à gauche) est une fixation indépendante de chaque sangle par une courroie avec effet de palan. Système autonome, léger, facile à dépanner en toute circonstance, facile à régler quelque soit la taille. L'autre système (photo ci-dessous), peut être plus polyvalent et surtout plus précis quand à la position des sangles, est constitué d'un "3 points" sur la 1ère sangle et d'une courroie à trou ("billet") pour la ventrale. Dans les 2 cas, les sangles sont reliées entres elles.

 

Les réglages:
Les réglages du bât obéissent à la règle du "bon sens" comme souvent. Nos conseils ne peuvent être qu'indicatifs car il faut les moduler selon le gabarit de l'animal de bât et les conditions extérieures. Rien ne remplacera l'observation vigilante. Il faut rappeler que le bon réglage d'un bât n'est pas quelque chose de figé une fois pour toute à l'écurie et qu'il peut évolué entre le début et la fin d'une rando  et parfois même entre le matin et le soir d'une étape:  Si celle-ci se fait , par exemple, uniquement en descente, pourquoi pas redonner un trou à la bricole ou même carrément l'enlever pour la journée ce qui soulagera les parties peut être échauffée précédemment.

La bricole passe à ras de l'encolure en évitant la pointe des épaules qui est une articulation facile à détecter avec la main. Au repos, il doit y avoir un jeu de 3/4 cm maximum. Pour la bricole articulée (ou le collier de chasse), les branches latérales passent bien au-dessus de la pointe des épaules et l'anneau central est dans le creux situé à la base du cou sans étrangler. La fausse-martingale (courroie qui passe entre les antérieurs), n'est jamais serrée. On doit pouvoir passer facilement plusieurs doigts en travers.

Les sangles sont ajustées normalement comme pour une selle sans serrage excessif. Attention aux sangles trop courtes qui placent les anneaux sur la peau sensible du ventre alors qu'ils seront mieux sur le flanc ! Il n'est pas inutile de prévoir des protections pour ces anneaux. Les sangles trop longues sont difficilement réglables quand il y a le paquetage. La 1ère ne doit pas être au contact des coudes et la 2ième doit être placée sur l'arrière du ventre (derrière le milieu) pour qu'elle puisse faire son effet de retenue. Les 2 sangles sont reliées par un lacet en leur  milieu (bien veiller à ressangler des 2 côtés pour que les sangles restent centrées) pour éviter que la ventrale ne remonte vers les postérieurs ce qui peut être diversement apprécié !

Pour l'avaloire: la barre de reculement doit être, si possible, horizontale et placée sous la pointe des fesses (environ 10 cm pour un cheval d'1m50). Le jeu sera de 3 à 5 cm selon le parcours, au repos. La 1ère barre de fesse doit se placer devant la pointe des hanches, la 2ième passe sur le "plat" des fesses. L'anneau central doit évidemment être au-dessus du creux des reins, voire sur le tapis s'il est assez long ou en tout cas au ras. Dans le cas du montage en H, la barre du H est un peu plus reculée. Les courroies de reculement (elles relient l'anneau d'avaloire à l'anneau arrière du sanglage ) ne sont pas tendues, elles servent surtout à régler l'inclinaison de la barre de reculement dans un 1er temps... mais si elles flottent complètement, elles ne servent plus à rien !

NB: certains collègues, par manque d'imagination sans doute, se contentent de copier bêtement cet exemple de montage. Sachez que nous en avons modifiés et améliorés (!)  certains et donc que la photo ci-dessus n'est pas représentative du dernier modèle que nous proposons...

Entretien:
L'entretien des cuirs est très classique: laver, laver et laver ... en particulier les parties essentielles comme les faces internes de la bricole et de la barre de fesse. Si le cuir est bien propre et graissé correctement (crème fine, éventuellement huile ... mais pas trop) au départ d'une rando, le lavage quotidien est suffisant même pour plusieurs semaines de suite. En fait, il s'agit plus d'un rinçage pour évacuer la sueur et le dépôt de saleté que d'un véritable lavage. S'il y a du savon glycériné, c'est mieux, sinon tant pis, ce n'est pas indispensable. Bien sûr, on évite de laisser trainer les cuirs par terre et ils sont pendus dès que possible. Si on a un peu de temps, on déboucle pour éviter les pliures du cuir toujours aux même endroits.

 

Le BÂT selon GUICHARD-SELLIER

LES ARCONS

LE HARNAIS

LES TAPIS

LES SACOCHES

LES MESURES à prendre

BATER avec sa selle ?

Quelques "bateurs"

LES PRIX

BON de COMMANDE

Le poids de l'équipement ?